Investir en Groupements forestiers

28/10/2021

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Interview de Vincent Danis de Savinianne

Vincent Danis, Président de Savinianne, était l'invité du Club Expert de Smart Patrimoine le 26 octobre afin d'aborder l'investissement dans les Groupements forestiers.

Extraits

Parlons aujourd'hui de l'investissement forestier et son intérêt pour les investisseurs : on retrouve un engouement de l'investisseur pour l'actif tangible, notamment la forêt ...

Vincent Danis : Beaucoup d'investisseurs, effectivement, veulent donner du sens à leur épargne. On voit fleurir un peu partout des étiquettes ESG, ISR où l'on a parfois du mal à savoir ce qui se cache derrière... Quand vous investissez en groupement forestier, c'est très simple : vous investissez dans des arbres et des forêts gérés. Cela permet de revenir à ce qui est l'essence même de la gestion de patrimoine, Le patrimoine, c'est ce qui nous vient de nos parents et que nous transmettons à nos enfants. Un arbre va concerner plusieurs générations. Le chêne que l'on coupe aujourd'hui a été planté il y a 120 ans, par une personne que l'on ne connait pas. Il a été planté dans un monde qui ne connaissait ni l'électricité, ni les avions, ni les voitures... Le jeune plan de chêne que l'on plante aujourd'hui sera coupé au 22ème siècle, par quelqu'un que l'on ne connait pas non plus ... Il n'est pas facile de prévoir ce qu'il va découvrir dans sa vie de chêne...

Est ce que cela veut dire qu'il faut garder son investissement forestier jusqu'au 22ème siècle ?

Je vous rassure, il n'y a pas besoin d'attendre 120 ans. Nous recommandons généralement une durée de placement de 8 ans qui correspond à un horizon fiscal. C'est une durée au choix du porteur, puisqu'après 8 ans, il a purgé sa détention fiscale, et c'est à lui de décider s'il souhaite ou non revendre ses parts. Dans un univers de taux bas, il peut tout à fait décider de conserver des parts qui continueront à se valoriser naturellement de 1 à 2% par an qui est la croissance naturelle des arbres, quelle que soit l'évolution des marchés financiers. 

Quand on pense rendement, on peut s'attendre à une performance de 1 à 2 % ?

Ca, c'est la croissance naturelle des arbres, à laquelle vient s'ajouter la prise de valeurs éventuelles ...  La Chine va instaurer un moratoire de 50 ans sur l'exploitation de ses forêts. Cela signifie deux choses : d'abord que les Chinois estiment que dans 50 ans, le bois coûtera beaucoup plus cher, et aussi, qu'il est actuellement possible d'aller acheter le bois des forêts européennes pour un prix tout à fait acceptable et supportable. Donc, on devrait continuer à avoir une hausse du prix de l'hectare de forêt, hausse qui a déjà été de 3 à 5% au cours des années passées. Et en complément de ce revenu de revalorisation éventuelle, il y a les avantages fiscaux. L'impôt sur le revenu, c'est 18% pour un GFF et 25% pour un GFI.

Petit point de définition ; qu'est ce qu'un GFF et un GFI quand on veut investir en forêt ?

Un GFF, c'est un Groupement Foncier Forestier, ancienne forme qui ne faisait pas appel public à l'épargne et était réservé à un nombre limité d'épargnants. L'avantage, c'est que les patrimoines sont déjà constitués, on connait toutes les forêts et il y a généralement une décote. La difficulté, c'est d'en trouver car peu de parts disponibles. Le GFI, c'est la nouvelle forme de Groupement Forestier qui fait appel à l'épargne mais sur des patrimoines qui vont être constitués à partir de maintenant par des sociétés. Frais d'acquisition à payer, pas de décote. Par contre, même si on doit faire tout à fait confiance aux gérants sur leur capacité à sélectionner de bonnes forêts, on a la chance d'avoir des intervenants de très bonne qualité, ... avec FIDUCIAL Gérance par exemple.

...

Il a des risques à ce type d'investissement ? On imagine que les aléas météorologiques sont à prendre en compte ?

Il y a des risques sur tout type d'investissement, et concernant les forêts, il y a effectivement le risque de tempête et d'incendie mais qui sont des risques assurables. Il y a un risque de liquidité pour les anciens GFF, c'est à dire que le porteur de parts fait le pari que lorsqu'il voudra souscrire, il y aura quelqu'un qui voudra racheter, et puis, il y a un risque contre lequel on ne peut pas vraiment s'assurer, c'est le risque phytosanitaire, les maladies. Les ormes n'existent plus dans les forêts françaises et l'on voit que les résineux qui ont plantés dans des forêts trop denses, sont attaqués. La seule réponse par rapport à cela va être la diversification des massifs et des implantations. Pour les incendies, une autre manière de répondre aussi, c'est de ne pas acheter des forêts qui soient trop au sud parce que fort malheureusement, les incendies sont souvent dans le sud.

Et c'est pour ça, qu'il ne faut pas acheter en direct mais passer par des professionnels de la gestion forestière.

 

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